Jeux vidéo mobile : L’empire (des éditeurs) contre-attaque !

Comme le calme avant une tempête, le mobile s’apprête à se faire littéralement envahir par les plus grands éditeurs de jeux vidéo. Sauf que cette fois ils connaissent les...
Jeux vidéo mobile

Comme le calme avant une tempête, le mobile s’apprête à se faire littéralement envahir par les plus grands éditeurs de jeux vidéo. Sauf que cette fois ils connaissent les règles du jeu.

Longtemps ignoré par les plus gros, le mobile faisait la part belle aux petits studios et éditeurs indépendants. Nous avons pu d’ailleurs voir naître de nouvelles références sur le marché du jeu vidéo tels que Ustwo, Rovio, Hipster Whales ou encore Bulkypix. Mais après de nombreuses années d’âge d’or, cette plateforme est en passe de devenir le terrain de jeu privilégié des plus grands éditeurs du monde.

Tant mieux, me direz-vous. Il est vrai que voir débarquer des licences cultes telles que Super Mario, Final Fantasy ou encore Tomb Raider reste plutôt alléchant (et je pèse mes mots). Malheureusement il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg et ce qui se cache en dessous ne va pas plaire à tous.

Aux innocents les mains pleines

Pour que vous compreniez où nous souhaitons en venir nous allons revenir sur certains points clés du jeu sur mobile. Le jeu vidéo est une des industries les plus prospères de ces dernières années et pèsera près de 110 milliards de dollars en 2018 (dont 45 pour le mobile ndlr). Parmi eux, le mobile, un marché où les indépendants sont rois et où avec un rien on peut gravir des sommets. Tout le monde connaît l’histoire de Flappy Bird, le jeu d’un petit développeur anonyme rapidement poussé au rang de hit mondial sur les stores. Tout cela pour rapporter à son créateur -un simple passionné sachant coder- plus de 50 000 dollars par jours.

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Une belle histoire que des millions de petits studios et éditeurs tentent de reproduire quotidiennement sur les stores iOS et Android. Malheureusement la magie n’est pas toujours au rendez-vous et on compte une plus grande proportion d’applications zombies que de succès sur mobile (Proportion d’AppZombies estimée à 80% de l’AppStore en 2014 ndlr).

Le mobile : un diamant brut

Vous l’aurez compris, le mobile se constitue comme un micro marché avec ses risques et ses succès. La grosse différence est qu’il reste (encore) « à taille humaine ». Malgré les « Clash of Clans ou Candy Crush Saga » qui dominent le haut des classements, un simple développeur peut encore publier le hit de demain et avoir une chance de devenir un acteur majeur du jeu vidéo mobile.

Faut-il encore rencontrer son public, et c’est là la nouvelle difficulté pour un jeu mobile. Face à une saturation d’applications et jeux en tout genre, il devient très difficile de sortir du lot. L’algorithme des stores tente tant bien que mal de réguler une certaine équité, en mettant notamment en avant des jeux indépendants et originaux mais cela ne suffit pas toujours. A l’heure où les joueurs les plus rentables -appelés aussi baleines- ne voient que le haut du classement d’applications gratuites, tous les moyens sont bons pour les atteindre (Achats de notes, boost de téléchargements). Ces derniers sont malheureusement de plus en plus onéreux et à la portée des plus riches.

Le calme avant la tempête

De leur côté les gros éditeurs tels qu’Ubisoft, Square Enix ou 2k Games observent avec attention cette plateforme. Très rapidement, ils constatent l’aubaine que représente ce jeune marché et la rentabilité pharaonique qui s’y trouve. Après plusieurs essais timides et maladroits, la plupart d’entre eux commencent à franchir le pas et à considérer plus que sérieusement leur implication dans le mobile. C’est le cas notamment de Square Enix qui propose de plus en plus de titres dédiés exclusivement à cette plateforme ou encore, plus récemment, Nintendo qui, accompagné de DeNA, s’apprête à lancer pleinement les hostilités.nintendo-p

Imaginez maintenant l’aplomb d’un Mario, d’un Zelda ou encore d’un Solid Snake sur les stores d’applications. Il ne reste guère de place pour les jeux tiers méconnus du grand public.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, de gros éditeurs, tels qu’EA ou encore SEGA, retirent une à une leurs licences phares des stores mobiles. Parmi les rumeurs qui justifieraient ces actions, nous retrouvons « la grosse mise à jour technique ». Nul doute qu’ils s’emploient également à faire un rééquilibrage des modèles économiques de leurs titres qui, pour la plupart, ne sont visiblement plus adaptés au marché actuel. Lors de leur arrivée sur le support mobile, la transposition de licences fortes a été faite de la même manière que sur une plateforme classique. Les éditeurs proposait de manière générale une version complète de leurs jeux pour un prix donné, comme ils l’auraient fait en magasin. Cependant, les supports mobiles évoluent constamment ainsi que les attentes des utilisateurs. De nombreuses mises à jour sont nécessaires, ce qui rend beaucoup de jeu premium peu rentables sur le long terme.

En conséquence, nous devons nous attendre à un retour écrasant des gros éditeurs sur des modèles plus « alléchants » tels que le  freemium et free to play. Couplez cela avec des licences extrêmement fortes et des moyens de communication mirobolants et vous avez une véritable flotte de guerre sur mobile.

« Que restera t-il aux petits studios et développeurs indépendants ? Comment survivre face à ce véritable raz-de-marée ? 2016 sonnerait-il la fin de l’âge d’or du jeu vidéo mobile ? »

Seul l’avenir répondra à ces questions, mais espérons que l’engouement des joueurs à l’égard des petits jeux mobiles anonymes ne se noie pas dans l’océan de grosse licences qui s’engouffreront d’ici peu sur les différents stores mobiles.

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